La grande histoire des signaux parisiens
Reprise du marché par Grolleau
En 2004, un nouvel appel d'offres est lancé pour la fourniture des signaux tricolores de la ville de Paris. C'est la société de tôlerie Grolleau qui l'a remporté et qui a conçu une réplique du feu tricolore et du signal répétiteur historiques de Paris. Les sources lumineuses de ces feux sont à tubes fluorescents, ou à LED et fournies par les fabricants Swarco, ECI, SER et JP Vezon. Ce marché a perduré jusqu'en 2022.
Évolution des signaux piétons
Le fabricant lillois Théry Hindrick, qui avait le marché des signaux piétons de la ville de Paris depuis les années 1990, ayant cessé son activité au tout début des années 2000, un nouveau modèle de signal piétons est apparu. C'est curieusement la société SER, fondée par l'ancien directeur technique et commercial de Théry Hindrick, qui a récupéré ce marché avec un modèle de signal sensiblement identique. SER s'est partagé ce marché avec un modèle semblable du fabricant ECI.
En 2015, le marché change de nouveau, et c'est le fabricant Grolleau, déja titulaire des marchés de fourniture des feux principaux et des répétiteurs parisiens, qui va fournir un nouveau modèle de signal piétons.
Fin des panneaux priorité piétons
La notion de priorité piétons, qui est reprise sur des panneaux et feux lumineux clignotants à certains carrefours depuis les années 1980, n'ayant pas de réelle utilité puisque les piétons sont de toute façon toujours prioritaires une fois engagés sur un passage protégé selon le code de la route, ces signaux vont progressivement être remplacés par un simple signal lumineux représentant le panneau d'annonce d'un passage piétons (A13b). Ce message est également mieux compris par les usagers étrangers.
Paris va être successivement équipée de plusieurs modèles de ces panneaux se présentant sous la forme d'un caisson tôlé et dont le décor est représenté par des LED rouges et jaunes, puis rouges et blanches.
Le marché se réparti entre le fabricant Optifib (aujourd'hui devenu Id'Sign), filiale de Signature, elle-même filiale d'Eurovia faisant partie du groupe Vinci, et le fabricant Aximum (ex-EL-SI), toutes deux faisant étonnement partie du groupement d'entreprises assurant la maintenance de la SLT parisienne.
Le retour du tramway
Près de 70 ans après sa disparition, c'est en 2006 que le tramway a fait son grand retour dans les rues de Paris, avec l'inauguration du tramway des maréchaux sud (TMS).
Cette ligne est logiquement équipée des feux parisiens Grolleau classiques (modèle SP95), avec les symboles réglementaires concernant les transports en commun sur site propre (R17 ou R18). Les intersections avec le tramway sont gérées par des signaux R24, et les traversées piétonnes par des signaux R25 du fabricant JP Vezon Equipements. Cependant, des signaux plus exotiques pour Paris ont été installés aux stations : des boitiers Garbarini Design 2000 et Sagem Astron en tant qu'indicateur de direction ou de signal de présence de tension.
Côté contrôleurs, ce sont 46 Gallery du fabricant Garbarini Fareco, associés à de nombreux équipements annexes (détecteurs, analyseur vidéo, modem, switch fibre optique...) qui vont être installés pour gérer les carrefours du nouveau tramway parisien.
Les socles Devaux ne sont plus conformes
Depuis les années 1960, la ville de Paris a très largement équipé ses refuges piétons de bornes lumineuses ou de potelets tricolores (type potelet Mazas ou potelet carré) montés sur une couronne de béton de 1,20 m de diamètre appelée socle Devaux. Mais en 1991, la réglementation européenne évolue et impose désormais un diamètre minimum de 1,50 m pour ces socles, soit 30 cm de plus que les socles Devaux. Au total, ce sont près de 2200 carrefours qui se retrouvent non-conformes.
En 2004, nouveau problème : la réglementation relative à la mise en accessibilité des passages piétons pour les personnes malvoyantes impose un dénivelé de 2 cm pour permettre le repérage du refuge par des bandes podotactiles. Ce dénivelé est bien entendu non-compatible avec les socles Devaux.
Ces socles sont donc progressivement déposés des refuges piétons au gré des réaménagements des carrefours parisiens, mais demeurent cependant toujours utilisés pour les feux sur potelet Mazas implantés en milieu de chaussée en l'absence de refuge piétons.
Remplacement des ilôts des Champs-Élysées
Depuis l'après-guerre, les Champs-Elysées sont équipés de refuges piétons entourés de bornes lumineuses en milieu de chaussée, permettant aux piétons de marquer une pause dans la traversée de cette très large avenue. Ces refuges ont évolué plusieurs fois au cours de l'histoire, et ça a été de nouveau le cas en 2011.
Depuis les années 1970, les bornes lumineuses des refuges sont équipées d'un feu parisien placé à faible hauteur, pour respecter l'esthétique de l'avenue et ne pas gâcher la vue sur l'arc de triomphe. Le problème est que la réglementation française impose une hauteur minimale de 2 mètres pour l'implantation des signaux tricolores. La ville de Paris va donc céder en 2011 et remplacer les bornes des refuges des Champs-Elysées par des feux sur potelet Mazas. Ces feux restent cependant toujours fixés sur des musoirs amovibles qui sont retirés tous les ans à l'occasion du défilé militaire du 14 juillet.
Beaucoup de ces potelets Mazas ont été détruits au cours des manifestations dites "gilets jaunes" au cours du mois de novembre 2018 et la plus belle avenue du monde restera de très longs mois sans aucun feu sur son terre plein central.
Modernisation de la régulation
Installé en 1966 au carrefour de la place d'Iéna, et après 38 ans de bons et loyaux services, le tout dernier contrôleur électromécanique de Paris, un Garbarini M158, a été déposé en 2004. La même année, le dernier contrôleur à électronique statique, également un Garbarini installé en 1974, a été déposé au carrefour de la place de l'Ecole Militaire. Ces deux derniers exemplaires d'un temps désormais révolu ont été sauvegardés au sein des collections de la mission patrimoine profesionnel de la mairie de Paris.
En 2006, un contrôleur de nouvelle génération, le Garbarini Fareco Gallery fait son apparition sur les carrefours du nouveau tramway parisien, mais en dehors de ce cas spécifique, la ville de Paris a continué de faire appel à des contrôleurs d'ancienne génération, pourtant devenus obsolètes face à une nouvelle génération d'automates plus performants.
Ce n'est qu'en 2011, soit 6 ans après les premières réflexions parisiennes sur un cahier des charges concernant des contrôleurs de nouvelle génération, et après d'incroyables lenteurs administratives et techniques, que deux nouveaux contrôleurs Gallery ont été installés dans Paris sur des carrefours conventionnels. Ce modèle sera rejoint en 2016 par le contrôleur Lacroix Trafic Traffy 3G.
Le marché à performance énergétique (MPE)
À l'aube de 2010, et alors que bien des villes françaises ont déja débuté un large plan de modernisation des installations d'éclairage public et de SLT, c'est un constat unanime : la SLT parisienne est vieillissante voire obsolète, et totalement incompatible avec les objectifs écolo-politiques grandissants à Paris.
Le contrat de maintenance détenu par Citélum, filiale d'EDF, arrivant à échéance, la ville de Paris a lancé en décembre 2009 un nouvel appel d'offres pour la totalité de la capitale en lieu et place des 35 contrats en vigueur. Ce nouveau marché public doit débuter à partir de février 2011. Citélum propose alors une nouvelle offre en association avec GDF Suez Énergie Service et Ineo, mais sera écartée à la surprise générale en raison d'un dossier incomplet, laissant planer le doute d'une décision politique au profit d'un groupement d'entreprises nommé EVESA et regroupant ETDE (Bouygues), Vinci Energies, Satelec (Fayat), et Aximum (Colas), qui détient la totalité de la maintenance de l'éclairage public et de la signalisation tricolore de Paris pour une durée de 10 ans et pour un montant frôlant les 900 millions d'euros.
Une bataille judiciaire va alors s'engager entre la mairie de Paris et Citélum qui réclame l'annulation du contrat attribué à Evesa, de même que le préfet de Paris. Les différentes juridictions qui examineront ce dossier conclueront successivement, et définitvement par l'arrêt de la cour d'appel administrative de Paris du 16 juin 2017, qu'il n'y a pas eu d'irrégularité dans l'attribution du marché à Evesa.
Selon les conditions de ce MPE, un objectif ambitieux de réduction de la consommation électrique de l'éclairage et de la SLT parisienne est fixé à 30% d'ici à 2020. Pour y arriver, EVESA va procéder au remplacement de tous les signaux fonctionnant à lampes incandescentes et à tubes fluorescents sur plus de 1800 carrefours parisiens. Mais cela ne va pas suffire. Les signaux parisiens sont dans un tel état que près de 1500 d'entre eux ont été remplacés, soit 10% du parc total, du jamais vu à Paris. Une commande exceptionnelle a été passée auprès du fournisseur officiel des signaux parisiens, la tôlerie Grolleau qui a livré en 2013, 1500 nouveaux feux en 10 semaines. Ce marché public a pris fin en 2021, et EVESA n'a pas été reconduit (lire ci-après).
Remplacement des bornes de refuge
Si la signalisation lumineuse tricolore et l'éclairage public ont été les premiers concernés par l'objectif de réduction de 30% de la consommation électrique de ces installations, les bornes lumineuses de refuge pour piétons sont également concernées. Chacune d'entre elle est équipée d'un tube fluorescent, et il y en a 2700 dans toute la capitale.
En 2012, une expérimentation de bornes en plastique du fabricant espagnol Saubacocho a été menée dans le 18ème arrondissement. Mais c'est finalement la borne du fabricant Fareco (ex-Garbarini) qui sera retenue (sa maison-mère Fayat fait déja partie du groupement EVESA), avec une version modernisée du modèle de borne haute (BH) historique parisienne. Cette borne en matière plastique comporte des parties en film rétroréfléchissant complétées par des parties rétro-éclairées par LED.
L'ancien modèle de borne haute en tubes d'acier a cependant continué à être installé sur certains secteurs avec un éclairage LED en lieu et place du tube fluorescent d'origine. À partir des années 2020, toutes ces bornes ont été définitivement éteintes.
Les évènements de novembre 2018
À partir de novembre 2018, de graves évènements dits "manifestations gilets jaunes" ont secoué la France et particulièrement Paris. De très nombreuses dégradations ont été commises par les manifestants, particulièrement sur le mobiler urbain. De nombreuses installations de signalisation lumineuse tricolore, parfois confondues par les manifestants avec des installations de vidéosurveillance, ont été saccagées ou incendiées : mâts renversés, feux vandalisés, armoires incendiées... Les installations les plus touchées ont été les feux du terre-plein central de l'avenue des Champs-Élysées montés sur des socles amovibles.
La mairie de Paris s'est refusée à communiquer le montant des dégâts, mais selon certaines sources il pourrait être supérieur à 1 million d'euros, rien que pour la signalisation tricolore. Le mainteneur alors titulaire du marché, Evesa, a mis plusieurs mois à rétablir la situation, laissant très souvent des installations temporaires en lieu et place des feux endommagés ce qui a soulevé de nombreuses interrogations sur sa gestion de la SLT parisienne. Evesa n'a pas été reconduit lors du renouvellement du marché public en 2021.
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